Archive pour la catégorie 'Impressions'

31
août
08

dernier jour à Louqsor.

Ce samedi matin, réveil à 4h01. Ma soeur n’a pas ronchonné. 4h50, nous étions dans le couloir, notre mini-bus nous attend. On récolte encore quelques personnes sur un autre bateau puis nous montons dans un canot où un petit déjeuner nous est servis (et toujours pas de jus d’orange… ahhhhhhhhhhhhhh)

Le canot nous déverse sur l’autre rive où un autre bus nous attend. Il faut qu’on se dépêche, l’aube pointe son nez. Après une rapide explication des règles de sécurité et comment réagir en cas d’atterrissage raté, nous sommes invités à monter dans la nacelle. On s’est vite retrouvés à 20 personnes, réparties selon le poids. Je suis installée entre ma soeur et une des plus belles jeunes filles du monde, j’en suis jalouse d’ailleurs.

Les flammes commencent à surgir et à me brûler le cuir chevelu, par la même occasion.

Mais le ballon monte… monte… tout comme le soleil qui laisse poindre ses premiers rayons, par delà les dunes de sable. La vallée du Nil est à mes pieds.

Cette vallée que j’avais tant imaginé. Ce sable, ces palmiers, ces dunes ouvragées telle de la dentelle grâce aux multiples portes des tombes ou aux fouilles archéologiques.

La vue est éblouissante, le panorama est splendide. Le ciel est violet, puis rose. La lune se fait discrète.

Les 40 minutes sont passées à une vitesse folle. L’atterrissage fut tout doux. A notre descente de nacelle, l’équipage nous invite à deux pas de danse pour marquer notre 1ère montée en ballon. Puis nous remet un certificat.

Je pense que ma soeur est contente de son cadeau. Dans le minibus qui nous ramène, je demande l’adresse de la plus belle jeune femme du monde car, j’ai remarqué qu’elle avait oublié son appareil photo et donc, je me suis proposée gentillement de lui en envoyer. La dite demoiselle, ravissante blonde aux yeux bleus est québécoise mais vit à Paris et vient passer 4 jours à Louxor avant de partir au Caire pour retrouver des amis.

Quand je remonte sur le bâteau, il est 7h30. Petit déjeuner rapide puis on retrouve mon père pour l’excursion suivante, un tour en calèche de 2heures, dans le Louqsor non touristique. L’envers du décor pour ainsi dire, le tout savamment orchestré par Ahmed.

J’ai pu ainsi me promener dans le Louqsor catholique, le Louqsor des pauvres… ceux que l’on relègue aux frontières avec le désert. Nous avons fait un tour dans le souk, le vrai, pas le touristique. Etal de poissons “frais” en plein soleil, en proie aux mouches. Gros morceaux de viande étalés sur des papiers journaux: queue de boeuf, pied de boeuf, tête de veau… Tout est à manger!

Les gens étaient intrigués de voir des touristes ici. Je crois que c’est ce qui m’a le plus plu. J’aurai aimé foncer ma peau, mes yeux, mes cheveux et enfiler une djellaba pour pouvoir passer inaperçue et découvrir à mon rythme, la richesse de la vie à l’égyptienne.

De retour au bâteau, ma soeur a invité Jérémy, le jeune homme qu’elle convoitait pour moi (merci de jouer les entremetteuses) à se joindre à nous pour aller au Musée de Louqsor, à 17h. Argumentation de ma soeur: il est super gentil et habite à Paris… super!!!

Le musée est vraiment très bien. Sauf que les médiateurs culturels sont des flics en uniforme. Les statues sont bien mises en valeur, les salles limpides, les cartels contiennent juste ce qu’il faut d’information… vraiment très intéressant. Et les deux momies visibles sont impressionnantes… j’en ai eu la chair de poule!

Par contre, le fameux Jérémy est venu avec Vincent et la famille Bidochon, les trois rescapés de son groupe de touristes. Jérémy et Vincent sont des muets sur pattes. Malgré nos tentatives d’amorce de phrase… Dès qu’on leur adressait la parole, c’était comme si:
- on les réveillait
- on les agressait.

Du coup, on a lâché l’affaire. Et les Bidochons… la fameuse Josiane… j’ai crû que j’allais la gifler. D’ailleurs, Jérémy s’est excusé de ne pas avoir réussi à se débarasser d’eux. La foldingue beuglait tant qu’elle pouvait et son mari avait bouclé le musée en 5 minutes top chrono. Après 1h30 de visite d’un musée vraiment passionnant et étonnant, retour au bâteau, dernière trempette dans la piscine devant le coucher du soleil, douche et valise… snif…

Je n’avais pas envie de partir car je sais qu’il me reste encore beaucoup à voir (le Caire, Alexandrie) et j’ai peur de ce qui m’attend (les cours, les colocs) ou pas (Ken, no comment)

Je me sens vraiment bien ici. Voguer le long du Nil est sincèrement une très belle expérience et cela restera un formidable souvenir. Je n’ai qu’une envie: revenir pour découvrir le reste du pays et voir les fameuses pyramides!!!

31
août
08

celui qui doit trouver de l’argent.

Ahmed prend ma soeur à part et lui dit:
-”Il y a quelqu’un ici qui t’aime beaucoup et qui voudrait te faire un beau, un très beau cadeau pour ton anniversaire.”
-”??????”
-”C’est bien la semaine prochaine n’est ce pas?”
-”Oui oui”
-”seulement, il faut que tu te lèves à 4h du matin parce que le cadeau, c’est un tour en mongolfière”
-”!!!!!!!!!!!!!!”
-”Ce quelqu’un qui t’aime beaucoup, c’est ta soeur.”
-”?!?!?!?!?!”
-”Alors, est-ce que tu me promets que, pour lui faire plaisir en retour, tu te lèveras?”
-”Oui oui”
puis se tournant vers moi “merci!”
-“Maintenant, j’ai appelé l’agence, il n’y a plus moyen de reculer, j’ai réservé. Donc, vous devez payer la mongolfière. Il me faut 160 euros”
-”Ok, bah je pars trouver une banque.”

Je kidnappe ma soeur et nous voilà déambulant dans les quartiers de Louqsor. On trouve le guichet indiqué par Ahmed mais “your transaction has been cancelled”. Je recommence. Même histoire. 1, puis 2, puis 3 personnes commencent à s’agglutiner, nous proposant à qui mieux mieux des sachets d’épice à 1euro, de visiter leurs échoppes, de monter en calèche pas cher…

Sissou et moi rentrons au bateau au pas de course. Mon père est introuvable. Ahmed me conseille alors d’autres distributeurs, plus loin. C’est reparti pour un tour, il est 19 heures et 35° tapantes.

1er distributeur, je n’ai pas voulu m’approcher. il ne me paraissait pas sûr. Le 2ème, je ne sais pas comment l e faire fonctionner. J’entre voir le banquier qui m’explique que, de toute façon, ils n’ont des euros que le matin. 3ème banque, j’entre directement, histoire de voir s’ils ont des euros. Réponse:
-”Non et vous ne trouverez pas d’établissements à Louqsor qui vous proposera des euros.”
-”Etonnant, c’est pas ce qu’ à dit votre collègue de la banque juste à côté”
(oui, j’aime foutre la merde, et alors?)

Je repars avec ma sueur (et ma soeur) en lot de consolation. Je rentre sur le bâteau, dépitée. Ahmed se confond en excuse. Il n’avait pas compris ce que mon père lui avait dit. Mon père m’avance l’argent et je lui rembourse petit à petit. Ouf!

On continue à papoter avec Ahmed, qui offre à ma soeur, un petit porte-clé croix de vie. Elle est étonnée et ravie. Cet acte l’a beaucoup touchée. A la fin du repas, je remets à Ahmed, la fiche d’évaluation du guide, qu’il doit remettre à son agence. J’avais les larmes aux yeux. C’était la dernière fois que je le voyais.
Il a décollé quelques heures plus tard pour Le Caire, son chez lui.

Ce soir là, j’ai tenté d’aller me coucher de bonne heure… mais l’angoisse était là… impossible de fermer l’oeil.

30
août
08

Louqsor

Vers 11h30, retour au bâteau, exténués, desséchés.

A 15h30, nouveau et dernier départ pour le temple de Louqsor.

L’autre obélisque est à Paname!

Une allée de sphinx de 3,5km relie les temples de Karnak à Luqsor.

Ce temple, commencé sous Aménophis III et agrandi sous Ramsès II, a fait office de carrière (comme beaucoup d’autres temples d’ailleurs) et d’église… On voit d’ailleurs une représentation d’empereurs romains sur du stuc, lui même collé aux bas-reliefs égyptiens. Ca m’a fait délirer de trouver ça ici!!!

D’après les datations, le temple est devenu église après le passage d’Alexandre le Grand, aux alentours de 330 avant notre ère.

Au 12ème siècle, une mosquée s’est implantée dans l’enceinte du temple.

Un mélange des genres comme je les aime!

Petit florilège de jolies photos que j’aime bien:

Une allée de colonnes avec, tout au fond, le minaret de la mosquée.

L’Egypte ancienne et l’Egypte moderne. Les colonnes du temple rythment la vie moderne égyptienne. La population est oppressée par l’ombre des temples. Comment faire pour développer un pays sans trahir son passé?

le joli sourire de Ramsès II.

Quand je vous dis qu’en tant que touristes, on est pris pour des riches…
Ma soeur et moi mourrions de soif. On s’est installées à la terrasse de la cafétéria et on a commandé 2 Ice Tea Pêche. 6 euros 70 pour deux canettes!!!! L’arnaque!!!!!

Avant de retourner sur le ferry, il y a eu le passage obligé à la bijouterie. Diamants, or, argent, pierres précieuses et semi-précieuses… Le temple du bijou par excellence.

Je n’aime pas les signes ostensibles religieux, encore moins ceux de la pire religion qui soit, l’argent. Un diamant au doigt ou autour du coup peut éventuellement être joli s’il est discret (quoique j’ai une aversion totale et sans appel pour tout ce qui peut se situer au niveau des mains) J’ai moi-même une petite aigue-marine en pendentif. Or, dans le magasin, le but du jeu était de trouver la plus grosse pierre. Et c’était franchement kitsch!!!

J’aurai voulu trouver un bracelet en cuivre, du genre celui que je me suis trouvé en Tunisie. Ceux qui me connaissent (notamment Tristouille qui me l’a kidnappé pendant 1 mois) savent duquel je parle. Il est tout cabossé, couvert de vert de gris, acheté une pacotille dans un souk et pourtant… c’est le seul que je tolère. Mais là, point de bracelet de ce genre.

Retour au bâteau vers 18h. Ahmed m’explique comment faire pour la montgolfière. Pour celà, il faut que je sois sûre que ma soeur accepte de se lever à 4h du matin… ouille…

Ahmed prend ma soeur et moi-même à part…. suite au prochain article

29
août
08

Réserve Naturelle d’Assouan

Vers 16h, Ahmed nous a concocté une sortie nature. 2h dans la réserve naturelle, à observer les oiseaux, à se laisser dériver au gré du Nil, à écouter le silence de la nature… Je suis ressortie de cette promenade avec un grand sentiment de plénitude. C’était vraiment magique…

Une barque, deux morceaux de bois pour les rames… et c’est parti!

Ceci est une fausse maison nubienne. Il s’agit d’un village créé de toute pièce pour pouvoir berner le touriste non averti. Dans ce pseudo-village nubien, on lui fait des tatouages au henné, on lui vend des babioles soit disant fait main et on lui fait visiter pour une somme tout de même conséquente, une maison nubienne (qui appartient en réalité à une Allemande qui gagne sa vie ainsi, en faisant visiter sa maison) Le vrai village nubien est situé derrière la colline, loin des regards des touristes, pour éviter de voir la misère dans laquelle est reléguée cette ethnie aussi vieille que l’Egypte pharaonique. Pour terminer, on propose un tour en chameau dromadaire au touriste qui refuse rarement, trop ravi de tester de nouvelles aventures et de vivre de nouvelles sensations. 15euros les 3km… non merci! J’ai refusé… Ca pue!

J’ai préféré aller faire un tour à la clinique vétérinaire des crocodiles du Nil. Depuis la construction du haut barrage, les énormes crocodiles ne passent plus. Par contre, les petits sont parfois happés par les turbines et rejetés de l’autre côté du barrage. Régulièrement, des pêcheurs ramènent leur trouvaille. Le bébé est alors soigné, identifié et bagué. Une fois qu’il a récupéré et que sa taille est devenue assez conséquente, on le replace de l’autre côté du barrage, dans une autre “nursery” pour qu’il se réhabitue à son environnement avant d’être relâché. C’était vraiment passionnant. J’ai tenu un petit croco de 4 ans. Il était déjà long comme mon bras! Le tout, c’est de le tenir fermement au niveau de la mâchoire (il ouvre systématiquement sa gueule, c’est marrant!) et de la base de la queue.

Retour au ferry ensuite. C’était vraiment un moment magique. J’ai remercié maintes fois Ahmed, car, je rappelle, je ne m’étais pas inscrite pour cette sortie. C’est donc lui qui m’a invitée. Merci Ahmed.

29
août
08

Philae

Avant de partir pour “Le temple le plus romantique de toute l’Egypte”, nous nous sommes rendus dans les anciennes carrières d’Assouan où l’on peut voir l’obélisque inachevé. Pour dégrossir les pierres et les détacher, on utilisait simplement de l’eau pour faire exploser le granit. Puis, avec une simple pression avec des bouts de bois, on peut déplacer le granit.

En attendant le groupe (les carrières, c’est bien sympathiques mais bon…), je me suis aventurée dans le cimetière fatimide situé juste en face. Magnifique.

Les Egyptiens ont une magnifique conception de la vie. En face de ce cimetière, vous pouvez trouver l’hôpital (pas mal quand même) et de l’autre côté, les carrières de pierre d’où se dégage beaucoup de poussière. On sort de la poussière pour vivre, on finit ses jours à l’hôpital, on est enterré dans le cimetière et on redevient poussière… ce pragmatisme ambiant m’a fait sourire.

Notre van a repris sa route, direction Philae.

Effectivement, ce temple est ULTRA romantique. Pour y accéder, il faut prendre une barque motorisée qui laisse une odeur… comment dire…

Après avoir accosté et éviter les jeunes vendeurs de tête de Ramsès en carton, Ahmed nous a fait une visite particulièrement intéressante. Mais je vous laisse juger par les photos.

L’empereur Trajan a trouvé l’endroit tellement beau qu’il s’y ai fait construire un kiosque dans le plus pur style égyptien.

Au retour, on arrive au petit village de pêcheurs de Philae. Vraiment très joli.

Nous sommes repassés par le haut barrage, celui que j’avais déjà vu la veille. Le gros. J’avais oublié de dire que, outre le fait de produire de l’électricité à tout le pays, voire le Proche-Orient, il a permis de réguler les crues du Nil. Malheureusement, les Nubiens qui occupaient la région maintenant enfouie sous le lac,  ont dû fuir. Beaucoup de temples ont été ensevelis et maintenant qu’il n’y a plus de crues du Nil, le limon naturel ne fertilise plus la terre. Les Egyptiens font alors appel à des fertilisants chimiques de composition parfois douteuse.

Après l’arrêt photo, Ahmed nous a emmené dans l’endroit le plus oppressant que je connaisse. Il s’agissait soi-disant de l’Institut du Papyrus. En réalité, ce n’était ni plus ni moins qu’un supermarché de dessins sur papyrus tous plus laids les uns que les autres. (Il y avait même la passion du Christ sur papyrus, parfaitement!!!) On était encerclés par une douzaine de “vendeurs” qui nous suivaient, chacun retenant son souffle dès que l’un de nous pointait du doigt, un des “tableaux”.

A notre sortie, nous avons été assaillis par des gamins qui vendaient des bracelets, des marques-pages… 15 pour 1 euro. Nous nous sommes engouffrés dans le van et direction bâteau… L’après midi, sortie nature!

29
août
08

Soirée tragicomique

Comme dans tout établissement touristico-beauf qui se respecte, je n’ai pas réussi à échapper à la sempiternelle soirée du : “on s’habille comme les Egyptiens”

Vous savez, ces soirées “costumées” où on fait le bonheur du gérant de boutique située dans le bâteau parce qu’on n’a pas encore eu l’occasion d’acheter une djellaba pas chère ou un masque de Toutankhamon en plastique véritable.

J’avais complètement oublié que c’était ce soir là. Argh. J’adore me déguiser, le théâtre ayant fait part intégrante de ma vie pendant mes années lycées(ah, je sens la pointe de nostalgie arriver) Mais jouer au touriste en vacances… non merci. En remontant sur le bâteau, mon père a fait le forcing pour que je vienne choisir une djellaba. Même pas en rêve… Bien sûr, il était en colère.
-”T’es chiante Faustine, depuis que tu es née, t’es chiante.” (Je rappelle: tout ça parce que je ne voulais pas acheter une djellaba et donc, faire comme tout le monde)

Quelques minutes  plus tard, mon père toqua à la porte de la cabine. Dans un effort surhumain, je me suis traînée hors de mon lit pour lui ouvrir. Il me tend alors une horreur rougeâtre avec des paillettes dessus. J’ai dû faire un pas en arrière pour pouvoir “admirer” l’oeuvre. Je crois que c’était le pire vêtement que j’ai jamais vu. Un tissu couleur sang séché au soleil d’Egypte, recouvert sur le poitrail de paillettes qui forment (de loin), le visage de Nefertiti…

Devant mon air dégoûté, il reprend son engin.
-”Non, mais je suis désolée Papa, je ne peux pas porter une horreur pareille! Pour qui tu me prends?”
Le souci, c’est que cette horreur, c’est une des djellabas de la dame de compagnie de mon père. Elle a vraiment des goûts de chiottes!
Il est parti en ronchonnant et en continuant à déblatérer des sucreries sur mon dos.

L’heure fatidique du repas approche. Dans le couloir, ce n’est qu’une succession de touristes multicolores. (Sachez avant tout que les Egyptiens ont surtout des djellabas blanches voire bleu ciel et les Egyptiennes, des djellabas noires voire marrons.) Roger avait enfilé sa djellaba rose bonbon et Josiane, une djellaba deux pièces pour les danseuses du ventre, avec les sequins qui font gling-gling. Certes, les danseuses du ventre sont rarement filiformes… mais là, ça dépassait l’entendement.

Comme il fallait que je fasse quelque chose, j’ai pris ma longue étole blanche, l’ai enroulée autour de mon visage et de ma tête, de telle sorte que je me suis retrouvée voilée, comme les vraies Egyptiennes. Ma soeur m’avait prêté son sarouel noir et j’avais mis ma blouse en lin noire. J’étais plus couleur locale.

Lorsque je suis sortie de la cabine, j’avais peur de choquer les musulmans. On ne sait jamais, ils auraient pu mal le prendre. Au final, ceux que j’ai croisé ont bien rit. Ouf. Donc, je n’ai pas échappé à la soirée kitsch mais au moins, je n’ai pas grossi les traits d’un peuple égyptien qui mérite bien plus d’égards qu’une bande de beaufs endjellabés.

28
août
08

Promenade en felouque

Au retour d’Abou Simbel, j’ai pris mon courage à deux mains et je suis partie faire un tour en ville. Toute seule, comme une grande. Je voulais me prouver à moi-même que je ne me perds pas, que je peux demander mon chemin, que je sais dire non au rabateur de touristes. Ca n’a pas duré trop longtemps non plus, la chaleur a eu raison de ma volonté.

J’aime beaucoup cette photo. Nous sommes à la limite du désert et pourtant, regardez la multitude de paraboles. Ici, la télé, c’est la vie!

En fin d’après midi, on a fait une petite balade en felouques, les traditionnels monocoques à voile qui ornent le Nil. (pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis une fanatique des sports de mer: catamaran, trimaran, char à voile (bah quoi, c’est à côté de la mer, nan?)

1h30 au fil du Nil, au soleil couchant. Quoi de plus magnifique?

En contre-jour, un des jeunes marins qui regarde au loin, le mausolée de l’Aga Khan.

25
août
08

Edfou

Je le savais déjà mais mon impression est renforcée. Je n’aime pas particulièrement les pays dits “musulmans”. J’aime les personnes, les regards, les sourires. Mais je n’aime pas la mentalité de marchandage, le harcèlement du touriste pour quelques centimes. Une des différences fondamentales entre culture occidentale et orientale tient en ce mot: argent.

Dans la tradition judéo- chrétienne, on a honte de réclamer. Depuis l’Antiquité tardive et surtout au Moyen Age, mendier est synonyme de faiblesse. Encore aujourd’hui d’ailleurs!
Dans les pays orientaux, réclamer toujours plus au touriste couillon est un jeu. Que je n’aime pas vraiment. Car je ne sais pas dire non et j’ai l’impression de léser les gens.

Ahmed nous fait monter dans des calèches. Mon frère, ma soeur, Q et moi, nous retrouvons dans une calèche conduite par un jeune homme d’une vingtaine d’années, qui fouettait avec ardeur un cheval famélique. La ville est typique de la région. Boutiques au rez de chaussée, gérant sur le trottoir, en train de siroter un thé. Il règne une poussière incommensurable dans la ville. Des bâtiments, encore en construction, étaient déjà recouverts de paraboles satellites et de linge qui pendait au balcon. Bien qu’il fasse une forte chaleur, les fenêtres (quand il ne s’agit pas de baies vitrées) sont grandes ouvertes.

Le temple d’Edfou était magnifique et gigantesque. Uniquement consacré à Horus, fils d’Isis et d’Osiris, neveu de Seth et petit-fils de Mout et Geb. Je sais, ça vous parle… si la réponse est non, allez ici.

L’entrée du temple est véritablement impressionnante. Désolée si j’ai coupé les pieds des dieux. Ceci est une action délibérée pour éviter d’avoir mes photos polluées par des corps étrangers.

La salle hypostyle était la cour du temple. Seules pouvaient entrer les personnes accréditées, excepté pendant les “invitations”, les jours de fête. Certaines personnes choisies pouvaient entrer faire des offrandes aux dieux.

Les statues de lions qui ressortent… ce sont déjà des gargouilles!!! Comme quoi, il pleut parfois en Egypte!

Une magnifique statue d’Horus. Il faut que vous sachiez que pour prendre une photo sans personne devant… j’ai dû attendre pas mal de temps…

Et puis, retour sur le bâteau. La navigation a repris. Direction Kom Ombo. Mais pour le moment, petit moment de magie…

(temple abandonné sur les berges du Nil)

Bizarre cette installation artistique, non? ^^

25
août
08

celui qui est déçu

Une fois de retour sur le bâteau, celui ci se met en route. On revient à Louqsor à la fin de notre séjour, nous aurons alors tout le loisir de visiter. Je pars dormir un peu, la chaleur étant tellement difficile à supporter. J’ai dû perdre au moins 3 litres d’eau pendant cette semaine!!!

Je dormais bien, puis j’ai commencé à entendre des cris. Des hurlements plus exactement. Inquiète, je me lève et regarde par la fenêtre. Des dizaines d’embarquation se sont agglutinées autour du ferry et les marins de fortune hurlent à qui mieux mieux:
-”Djellaba pas chère”
-”One euro”
-”Un euro belle gazelle”…

Et ainsi de suite pendant une bonne demi-heure. Les marins balançaient les vêtements par dessus bord et attendaient que tombe du ciel, le billet ou la pièce. L’argent tombe du ciel… Le bâteau ralentit sa course. Il faut passer une écluse. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les embarcations de fortune sont rassemblées.

Un peu plus tard a lieu une réunion avec Ahmed, le guide. Il a expliqué un peu le mode de vie des Egyptiens et il m’a dissuadé d’acheter quoi que ce soit! Les arnaqueurs, je n’aime pas ça, mais marchander, c’est encore pire pour moi. Donc, c’est décidé, je ne ferai aucun achat. Je ne ramènerai dans ma valise que des souvenirs, des couleurs, des odeurs et des sourires… rien d’autre.
Ensuite, grosse déception pour ma part. Beaucoup d’excursions sont payantes. Par exemple, pour aller ces magnifiques temples d’Abou Simbel, il faut rajouter 100 euros. Pour faire un tour en chameau, c’est 15 euros, pour une promenade dans une réserve naturelle, c’est 30 euros, etc… etc… ça commence à faire beaucoup d’argent.

Le souci, avec les croisières et les voyages organisés, c’est qu’on est obligé de faire comme tout le monde. J’aurai aimé me mêler aux Egyptiens, faire comme lors de mon voyage aux USA, aller à la rencontre des gens. Mais la durée du séjour et le mode de transport annihile tout espoir de nouer une amitié ou un regard, aussi fugace soit-il…

voilà, c’était pour mon bon côté français qui se respecte… je râle…

24
août
08

premiers contacts

Le premier Egyptien qui va tenter de se faire comprendre avec énergie est le jeune homme qui nous dépose les bagages dans la chambre. Je sais bien qu’il attend un pourboire, mais il faut qu’il comprenne que la Faustine est un animal qui se déplace toujours avec de l’argent sous forme de petite carte rigide, jamais sous forme de petits coupons. Et non, la petite carte ne se transmet pas…

Assez déçu, il repart pour mieux revenir 3 minutes après. Cette fois, il entreprend de m’expliquer le fonctionnement de la clim. Heureusement pour moi, je suis dotée d’un sens pratique qui me fait vite comprendre que O, c’est “arrêt”; et I, “fonction”. Mais ce n’est pas pour autant que j’ai de l’argent liquide sur moi. Alors, il commence à ouvrir la baie vitrée, me montre la lune au dessus du Nil. Puis, je lui avoue que je suis fatiguée. Il baragouine deux-trois idiomes puis me serre la main. Puis cette virile poignée de mains se transforme en baise-mains. Je suis gênée. Puis, il demande à me faire la bise. Je n’ai qu’une envie, qu’il parte au plus vite, alors j’accepte. Il est tout content. Et là, il se saisit de mon menton et demande, dans un sourire édenté:
‘Can I kiss you?”
Merde, merde… que répondre!!! Et voilà la première chose qui m’est venu à l’esprit.
“I’m gonna ask to your boss”
Il m’a de suite lâché, s’est excusé et a toujours montré profil bas dès qu’il passait à côté de moi.

Hé ben… A peine une heure dans ce pays… ça commence bien!




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