Archive pour 29 août 2008

29
août
08

journée bâteau

Ce fut une journée longue vu que le ferry ne s’est pas arrêté. Il fallait revenir d’Assouan à Louqsor en une journée. Donc, navigation intense.

Ahmed nous a donné une petite conférence sur les fresques que nous allions voir le lendemain, dans les différentes tombes de la vallée des Rois. Il a bien spécifié que la tombe de Toutankhamon n’était pas vraiment utile à voir car aucune peinture n’avait été faite. Le jeune pharaon est décédé à l’âge de 19ans, trop tôt pour que l’on ait pu peindre les murs.

Il nous a expliqué en 15 minutes, le Livre des Morts et les 12 heures et épreuves que subi le pharaon à l’aube de sa nouvelle vie.

Quand le soleil a commencé à décliner, j’ai pu sortir de mon antre climatisé pour profiter un peu de la piscine. Dixit mon kiné, il faut que je me remette à la natation. Bon, ok… la piscine ne fait que 5 mètres de long sur 3 mètres de large. Mais 70 fois 5 mètres de long… ça fait 350 mètres… on les voit beaucoup moins les distances quand le bassin ne fait que 5mètres!

29
août
08

Réserve Naturelle d’Assouan

Vers 16h, Ahmed nous a concocté une sortie nature. 2h dans la réserve naturelle, à observer les oiseaux, à se laisser dériver au gré du Nil, à écouter le silence de la nature… Je suis ressortie de cette promenade avec un grand sentiment de plénitude. C’était vraiment magique…

Une barque, deux morceaux de bois pour les rames… et c’est parti!

Ceci est une fausse maison nubienne. Il s’agit d’un village créé de toute pièce pour pouvoir berner le touriste non averti. Dans ce pseudo-village nubien, on lui fait des tatouages au henné, on lui vend des babioles soit disant fait main et on lui fait visiter pour une somme tout de même conséquente, une maison nubienne (qui appartient en réalité à une Allemande qui gagne sa vie ainsi, en faisant visiter sa maison) Le vrai village nubien est situé derrière la colline, loin des regards des touristes, pour éviter de voir la misère dans laquelle est reléguée cette ethnie aussi vieille que l’Egypte pharaonique. Pour terminer, on propose un tour en chameau dromadaire au touriste qui refuse rarement, trop ravi de tester de nouvelles aventures et de vivre de nouvelles sensations. 15euros les 3km… non merci! J’ai refusé… Ca pue!

J’ai préféré aller faire un tour à la clinique vétérinaire des crocodiles du Nil. Depuis la construction du haut barrage, les énormes crocodiles ne passent plus. Par contre, les petits sont parfois happés par les turbines et rejetés de l’autre côté du barrage. Régulièrement, des pêcheurs ramènent leur trouvaille. Le bébé est alors soigné, identifié et bagué. Une fois qu’il a récupéré et que sa taille est devenue assez conséquente, on le replace de l’autre côté du barrage, dans une autre “nursery” pour qu’il se réhabitue à son environnement avant d’être relâché. C’était vraiment passionnant. J’ai tenu un petit croco de 4 ans. Il était déjà long comme mon bras! Le tout, c’est de le tenir fermement au niveau de la mâchoire (il ouvre systématiquement sa gueule, c’est marrant!) et de la base de la queue.

Retour au ferry ensuite. C’était vraiment un moment magique. J’ai remercié maintes fois Ahmed, car, je rappelle, je ne m’étais pas inscrite pour cette sortie. C’est donc lui qui m’a invitée. Merci Ahmed.

29
août
08

Philae

Avant de partir pour “Le temple le plus romantique de toute l’Egypte”, nous nous sommes rendus dans les anciennes carrières d’Assouan où l’on peut voir l’obélisque inachevé. Pour dégrossir les pierres et les détacher, on utilisait simplement de l’eau pour faire exploser le granit. Puis, avec une simple pression avec des bouts de bois, on peut déplacer le granit.

En attendant le groupe (les carrières, c’est bien sympathiques mais bon…), je me suis aventurée dans le cimetière fatimide situé juste en face. Magnifique.

Les Egyptiens ont une magnifique conception de la vie. En face de ce cimetière, vous pouvez trouver l’hôpital (pas mal quand même) et de l’autre côté, les carrières de pierre d’où se dégage beaucoup de poussière. On sort de la poussière pour vivre, on finit ses jours à l’hôpital, on est enterré dans le cimetière et on redevient poussière… ce pragmatisme ambiant m’a fait sourire.

Notre van a repris sa route, direction Philae.

Effectivement, ce temple est ULTRA romantique. Pour y accéder, il faut prendre une barque motorisée qui laisse une odeur… comment dire…

Après avoir accosté et éviter les jeunes vendeurs de tête de Ramsès en carton, Ahmed nous a fait une visite particulièrement intéressante. Mais je vous laisse juger par les photos.

L’empereur Trajan a trouvé l’endroit tellement beau qu’il s’y ai fait construire un kiosque dans le plus pur style égyptien.

Au retour, on arrive au petit village de pêcheurs de Philae. Vraiment très joli.

Nous sommes repassés par le haut barrage, celui que j’avais déjà vu la veille. Le gros. J’avais oublié de dire que, outre le fait de produire de l’électricité à tout le pays, voire le Proche-Orient, il a permis de réguler les crues du Nil. Malheureusement, les Nubiens qui occupaient la région maintenant enfouie sous le lac,  ont dû fuir. Beaucoup de temples ont été ensevelis et maintenant qu’il n’y a plus de crues du Nil, le limon naturel ne fertilise plus la terre. Les Egyptiens font alors appel à des fertilisants chimiques de composition parfois douteuse.

Après l’arrêt photo, Ahmed nous a emmené dans l’endroit le plus oppressant que je connaisse. Il s’agissait soi-disant de l’Institut du Papyrus. En réalité, ce n’était ni plus ni moins qu’un supermarché de dessins sur papyrus tous plus laids les uns que les autres. (Il y avait même la passion du Christ sur papyrus, parfaitement!!!) On était encerclés par une douzaine de “vendeurs” qui nous suivaient, chacun retenant son souffle dès que l’un de nous pointait du doigt, un des “tableaux”.

A notre sortie, nous avons été assaillis par des gamins qui vendaient des bracelets, des marques-pages… 15 pour 1 euro. Nous nous sommes engouffrés dans le van et direction bâteau… L’après midi, sortie nature!

29
août
08

Soirée tragicomique

Comme dans tout établissement touristico-beauf qui se respecte, je n’ai pas réussi à échapper à la sempiternelle soirée du : “on s’habille comme les Egyptiens”

Vous savez, ces soirées “costumées” où on fait le bonheur du gérant de boutique située dans le bâteau parce qu’on n’a pas encore eu l’occasion d’acheter une djellaba pas chère ou un masque de Toutankhamon en plastique véritable.

J’avais complètement oublié que c’était ce soir là. Argh. J’adore me déguiser, le théâtre ayant fait part intégrante de ma vie pendant mes années lycées(ah, je sens la pointe de nostalgie arriver) Mais jouer au touriste en vacances… non merci. En remontant sur le bâteau, mon père a fait le forcing pour que je vienne choisir une djellaba. Même pas en rêve… Bien sûr, il était en colère.
-”T’es chiante Faustine, depuis que tu es née, t’es chiante.” (Je rappelle: tout ça parce que je ne voulais pas acheter une djellaba et donc, faire comme tout le monde)

Quelques minutes  plus tard, mon père toqua à la porte de la cabine. Dans un effort surhumain, je me suis traînée hors de mon lit pour lui ouvrir. Il me tend alors une horreur rougeâtre avec des paillettes dessus. J’ai dû faire un pas en arrière pour pouvoir “admirer” l’oeuvre. Je crois que c’était le pire vêtement que j’ai jamais vu. Un tissu couleur sang séché au soleil d’Egypte, recouvert sur le poitrail de paillettes qui forment (de loin), le visage de Nefertiti…

Devant mon air dégoûté, il reprend son engin.
-”Non, mais je suis désolée Papa, je ne peux pas porter une horreur pareille! Pour qui tu me prends?”
Le souci, c’est que cette horreur, c’est une des djellabas de la dame de compagnie de mon père. Elle a vraiment des goûts de chiottes!
Il est parti en ronchonnant et en continuant à déblatérer des sucreries sur mon dos.

L’heure fatidique du repas approche. Dans le couloir, ce n’est qu’une succession de touristes multicolores. (Sachez avant tout que les Egyptiens ont surtout des djellabas blanches voire bleu ciel et les Egyptiennes, des djellabas noires voire marrons.) Roger avait enfilé sa djellaba rose bonbon et Josiane, une djellaba deux pièces pour les danseuses du ventre, avec les sequins qui font gling-gling. Certes, les danseuses du ventre sont rarement filiformes… mais là, ça dépassait l’entendement.

Comme il fallait que je fasse quelque chose, j’ai pris ma longue étole blanche, l’ai enroulée autour de mon visage et de ma tête, de telle sorte que je me suis retrouvée voilée, comme les vraies Egyptiennes. Ma soeur m’avait prêté son sarouel noir et j’avais mis ma blouse en lin noire. J’étais plus couleur locale.

Lorsque je suis sortie de la cabine, j’avais peur de choquer les musulmans. On ne sait jamais, ils auraient pu mal le prendre. Au final, ceux que j’ai croisé ont bien rit. Ouf. Donc, je n’ai pas échappé à la soirée kitsch mais au moins, je n’ai pas grossi les traits d’un peuple égyptien qui mérite bien plus d’égards qu’une bande de beaufs endjellabés.




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